Voilà les vieilles théories qui refont surface ..

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Moins de régulations pour retrouver la croissance
Jean-Philippe delsol | 31/07 | 18:24
LE CERCLE/HUMEUR – L’Etat grossit sans fin et prend de plus en plus en charge les individus qu’il a appauvris. Il faut redessiner son rôle pour qu’il laisse les individus créer de la richesse.

La politique se renouvelle, mais les nouveaux élus s’en remettent toujours au père Noël de la croissance. Donald Trump a présenté un budget , déjà avorté au demeurant, dans lequel il prévoit une croissance de l’économie américaine de 3 % par an sur dix ans alors qu’elle a été de 2,02 % en moyenne annuelle sur les six dernières années. De même, en France, Emmanuel Macron table sur la croissance pour résorber le déficit de l’assurance-chômage tout en augmentant ses charges allègrement, en l’étendant aux professionnels indépendants et aux démissionnaires.

Mais la croissance est en panne. Aux Etats-Unis, où elle était dans les années 1980-1990, à un niveau moyen de 3,4 % par an contre 2,3 % pour la France, elle est désormais en net recul, à 1,45 % en moyenne dans la décennie 2000 (1,24 % en France). En croissance du PIB par habitant, les chiffres sont encore beaucoup plus bas, de 0,56 % en moyenne pour la France et de 1 % pour les USA sur la décennie 2000.
Inégalités, déclassement et montée du populisme
Et quand la croissance chute à des niveaux si modestes, les plus actifs et les plus entreprenants tirent encore leur épingle du jeu, mais les autres sont souvent perdants. Ce qui conduit à une exacerbation des inégalités et au déclassement de populations qui se réfugient volontiers dans le populisme au risque d’aggraver à terme leur situation. Pour y réagir, il faut donc s’interroger sur les raisons de ce long déclin d’une croissance, dont la reprise n’a jamais été aussi lente qu’après la crise de 2008.
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Certes il y a des causes diverses, comme le vieillissement de la population et, en France notamment, la réduction du temps de travail. Mais plus encore l’endettement public excessif des pays riches, supérieur à 100 % du PIB en moyenne dans l’OCDE, l’accumulation de normes , le poids des prélèvements obligatoires entravent l’initiative et le développement de l’activité économique.

Niclas Berggren et Christian Bjornskov, chercheurs à l’Iref, ont fait ressortir dans une étude (2017) de 67 pays sur la période 1975-2010 que plus il y a de régulation économique, plus le niveau de dette s’élève. Et Reinhart et Rogoff (2010) ont montré que, sur les deux derniers siècles, lorsque l’endettement public était supérieur à 90 % du PIB, la croissance tendait à baisser de 3 à 1,7 %.
L’Etat empêche les individus de créer de la richesse
Se crée ainsi un cercle vicieux dans lequel la puissance publique grossit sans fin et prend de plus en plus en charge les individus qu’elle a appauvris et, par là, corrode le ressort des sociétés. Le dynamisme américain a longtemps reposé sur l’idée que tout était possible dans le nouveau monde pour ceux qui étaient prêts à travailler et à entreprendre. Mais désormais l’Europe a gangrené les Etats-Unis de réglementations tatillonnes et de contrôles, d’interventionnisme et de déficits publics.

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L’idée prévalait jusqu’à ces dernières décennies que les enfants vivraient mieux que leurs parents et cette idée de progrès encourageait la société à avancer en même temps qu’elle en était le moteur. Mais la nouvelle génération semble avoir perdu cet espoir d’améliorer son sort. Raj Chetty, chercheur à Stanford a souligné dans une étude publiée en avril 2017 que les chances pour les Américains nés dans les années 1980 de mieux gagner leur vie que leurs parents ne sont plus que de 50 % quand elles étaient de 92 % pour la génération née dans les années 1940. Et selon la doxa ambiante, il pointe du doigt la montée des inégalités
Celle-ci est pourtant moins une cause qu’un effet. Plutôt que de se focaliser sur ce bouc émissaire facile, ne conviendrait-il pas de redessiner le rôle de l’Etat pour qu’il laisse les individus créer de la richesse, car pour partager, il faut déjà posséder ? Pour le moins qu’il relâche le carcan administratif, délie les énergies, cesse de pénaliser et d’ostraciser ceux qui réussissent, qu’il gère moins nos vies mais sécurise mieux l’exercice de nos libertés. Des deux côtés de l’Atlantique, les volontés politiques semblent aller dans ce sens par des voies différentes. Mais assumeront-elles les exigences de leur ambition ?
Jean-Philippe Delsol est avocat et président de l’Institut de recherches économiques et fiscales (Iref)
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